Dimanche 28 octobre dernier IBM a officiellement annoncé le rachat de Red Hat, éditeur du célèbre système d’exploitation Linux. Finalisée à 34 milliards de dollars, cette opération d’acquisition serait la plus grande de l’année 2018 dans ce secteur en plus d’être la plus importante jamais réalisée par le géant informatique américain. D’un côté Big Blue, un mastodonte de l’industrie informatique, de l’autre un géant de l’open source et des logiciels: quelles perspectives pour le futur ?

Nouvelle équipe

Créée en 1993 Red Hat est une entreprise qui s’est spécialisée dans l’édition et la distribution de logiciels open source. Cotée à la bourse de New York depuis 1999, elle est estimée à plus de 20 milliards de dollars. Bien que la société elle-même soit assez peu connue du grand public, Linux son produit phare jouit d’une notoriété planétaire et est un concurrent de systèmes tels que Windows, Mac OS etc. Chacune des distributions de Red Hat peut donc être gratuitement téléchargée pour ensuite être utilisé, dupliqué ou modifié à volonté.

Contrairement aux entreprises vendant leurs produits à l’unité, les clients de Red Hat n’ont donc rien à débourser pour acquérir les différents logiciels produits par l’entreprise. Il existe toutefois un service payant de cloud et d’accompagnement technique autour des différentes offres. Le modèle commerciale de Red Hat reste fondamentalement différent de celui de son nouveau propriétaire. Mais alors quel est l’intérêt de cette nouvelle acquisition.

Pourquoi Red Hat

Il convient de noter que le géant américain se rapproche plus de la définition traditionnelle de l’entreprise. Cependant, si l’on en croit ses résultats sur les 5 dernières années, le processus de modernisation ne semble pas véritablement réussir à IBM dont le chiffre d’affaire n’a de cesse de chuter. La société a pourtant pris le virage de l’Intelligence Artificielle depuis quelques années, mais même sa plateforme Watson est loin des résultats annoncés. Avec cette acquisition IBM espère donc profiter d’un vent de renouveau pour revenir au devant de la scène. Et dans cette perspective, Red Hat semble être le parfait tremplin. L’entreprise dispose déjà en effet d’une notoriété ainsi que d’une expertise dans un secteur capital pour le développement du Big Blue. IBM espère ainsi renforcer ses opérations dans le cloud hybride.

Aussi selon les termes de l’accord, Red Hat rejoindra son nouveau propriétaire en tant qu’entité indépendante. Jim Whitehurst, le PDG conservera son poste tout en devenant par la même occasion le nouveau vice-président de IBM.